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Cinquième entraînement :  Vie simple et saine

 

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Conscients du fait que le vrai bonheur est enraciné dans la paix, la solidité, la liberté et la compassion et non dans la richesse ou la célébrité, nous sommes déterminés à ne pas vivre dans le but d'acquérir la célébrité, des profits, des richesses ou des plaisirs sensuels, ni à nous enrichir pendant que des millions de gens meurent de faim. Nous nous engageons à mener une vie simple et à partager notre temps, notre énergie et nos ressources matérielles avec ceux qui sont dans le besoin. Nous pratiquerons la consommation attentive sans prendre d'alcool, de drogues ou d'autres produits toxiques pour notre corps et notre conscience ou pour le corps et la conscience collectifs.

 

Les commentaires :

 

Comme une branche sortant du tronc d'un arbre, le cinquième entraînement émerge directement du quatrième. Le but de la vie bouddhiste est d'atteindre la compréhension profonde (prajnà) et d'aider les gens (maitryà), non pas d'obtenir pouvoir, richesse ou célébrité. Comment aurons-nous le temps de vivre l'idéal bouddhiste si nous poursuivons constamment la richesse ou la gloire ? Lorsque nous ne vivons pas simplement, nous devons travailler sans arrêt pour payer nos factures et il reste alors bien peu de temps pour pratiquer.

 

Dans le sutra sur Les Huit Réalisations des Grands Etres, on lit :

 

" Toujours rechercher plus de richesses et ne jamais se sentir satisfait est la cause d'actions impures qui vont se multipliant. Les Bodhisattvas vont dans la direction inverse et se souviennent toujours du principe qui consiste à avoir peu de désirs. Ils vivent une vie simple, paisible, afin de pratiquer la Voie, et considèrent que leur seule mission est de réaliser la compréhension parfaite. "

 

Dans le contexte de la société contemporaine, vivre simplement signifie se libérer autant que possible du rouage destructif de la machine sociale et économique, éviter les maladies modernes telles que le stress, la dépression, la haute tension et les maladies cardiaques. Nous devons trouver des solutions à ce type de vie moderne, plein de pressions et d'anxiétés vécues par tant de gens aujourd'hui. La seule façon de s'en sortir est de consommer moins et de se contenter de peu. Nous devons en discuter avec ceux qui, comme nous, s'inquiètent de la situation. Dès que nous serons capables de vivre simplement et paisiblement, nous pourrons mieux servir les autres. Nous aurons plus de temps et plus d'énergie à partager. Partager, c'est difficile quand on est riche. Les Bodhisattvas qui pratiquent la paramita de vivre une vie simple sont capables de donner à la fois de leur temps et de leur énergie aux autres.

 


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Commentaires sur les quatorze entraînements à la pleine conscience (4) 


 Quatrième  Entraînement : "Conscient de la souffrance"

Conscients du fait que le regard profond sur la nature de la souffrance peut nous aider à développer notre compassion et à développer le chemin menant à la cessation de la souffrance, nous sommes déterminés à ne pas éviter la souffrance ni à fermer les yeux dessus. Nous nous engageons à trouver tous les moyens, notamment par le contact personnel, les images, les sons, pour être avec ceux qui souffrent, ceci afin de vraiment pouvoir comprendre leur situation et de les aider à transformer leur souffrance en compassion, en paix et en joie.


Le premier discours du dharma que le Bouddha a donné traitait des Quatre Nobles Vérités.
La Première est dukkha, la présence de la souffrance. C'est le point de départ de toute pratique bouddhiste. Si nous ne nous rendons pas compte que nous sommes malades, nous ne chercherons pas à nous faire soigner, et nous ne pourrons pas guérir. La Deuxième Vérité traite de la cause de la souffrance, la Troisième du pouvoir de l'abolir, et la Quatrième indique comment le faire. Ces vérités sont des vérités libératrices. Mais nous ne pourrons aller à la recherche des trois dernières si nous n'acceptons pas la première. La souffrance peut avoir un pouvoir thérapeutique, elle peut nous aider à ouvrir les yeux. La conscience de la souffrance nous encourage à rechercher la cause de ce qui se passe en nous et dans la société. Mais nous devons être prudents. Trop de souffrance peut détruire notre capacité d'aimer. Nous devons connaître nos limites, rester en contact avec les horreurs de la vie aussi bien qu'avec les choses merveilleuses. Tandis que la Première Vérité parle de la présence de la souffrance dans la vie, la Troisième Vérité nous encourage à y chercher la joie et la paix. D'aucuns considèrent le Bouddhisme comme trop pessimiste parce qu'ils mettent surtout l'accent sur la Première Vérité et pas assez sur la Troisième. Le Bouddhisme Mahayana prend grand soin d'insister sur la Troisième Vérité. Il parle du saule vert, du bambou violet et de la pleine lune comme étant des manifestations du vrai Dharma.

Nous sommes intimement connectés les uns aux autres. Quand nous sommes paisibles et
heureux, nous ne causons pas de souffrance à autrui. De même, quand nous essayons d'alléger la souffrance des autres, nous nous sentons paisibles et heureux. Pratiquer ne signifie pas seulement pratiquer pour soi, c'est pratiquer également pour les autres et pour la société tout entière. C'est le sens du Grand Véhicule ou Mahayana: s'aider et aider les autres pour se libérer et libérer les autres.

Les maîtres spirituels qui conseillent de ne pas prêter attention aux problèmes du monde
(tels que la faim, l'oppression, la guerre et l'injustice sociale,) mais de se concentrer seulement sur sa pratique, n'ont pas vraiment compris le sens du Mahayana. Bien sûr nous devons pratiquer en comptant notre respiration, en méditant et en étudiant les Sutras, mais pourquoi faisons-nous tout cela? Pour être conscients de ce qui se passe en nous et dans le monde. Ce qui se passe dans le monde se passe également en nous et vice-versa. Une fois que nous voyons cela clairement, nous ne pouvons pas ne pas prendre position et agir. Quand un village est bombardé et que des enfants et des adultes souffrent de blessures et meurent, est-ce qu'un Bouddhiste peut rester assis sans bouger dans son temple intact? En vérité, s'il est sage et plein de compassion, il trouvera des moyens de pratiquer le Bouddhisme en aidant les autres. Pratiquer le Boudhisme, c'est, dit-on, voir dans sa
 propre nature et devenir un Bouddha. Si nous ne sommes pas capables de voir ce qui se passe autour de nous, comment pouvons-nous voir notre propre nature? Il y a une relation entre la nature du soi d'un Bouddhiste et la nature de la souffrance, de l'injustice et de la guerre. Voir la vraie nature des armes mondiales, c'est voir notre véritable nature.
Rester en contact avec la réalité de la souffrance, c'est rester sain d'esprit et cela nourrrit notre source de compréhension (prajna) et de compassion (karuna). Nous renforçons ainsi notre volonté de pratiquer le Chemin du Bodhisattva. "Les êtres vivants sont innombrables; je m'engage à les aider à traverser sur l'autre rive". Si nous nous coupons de la réalité de la souffrance, cet engagement n'aura pas de sens. Aider les enfants à voir et à comprendre les souffrances des êtres humains et des autres créatures nourrit leur compassion et leur compréhension. Nous devons pratiquer cet entraînement quotidiennement. Chaque action que ce soit manger un sandwich ou dépenser de l'argent, est une occasion de pratiquer la Pleine Conscience. Nous devons pratiquer à chaque moment de la vie quotidienne et pas seulement dans la salle de méditation.


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Commentaires sur les quatorze entraînements à la pleine conscience (3) 


Troisième Entraînement : "Liberté de pensée"

 

Conscient(e)s de la souffrance provoquée quand nous imposons nos opinions à autrui, nous sommes déterminés à ne forcer personne, y compris nos enfants, à penser comme nous, que ce soit en ayant recours à l'autorité, à la menace, à l'argent, à la propagande ou à l'endoctrinement. Nous respecterons le droit d'autrui d'être différent, d'avoir ses propres croyances et de prendre des décisions. Nous aiderons néanmoins les autres à renoncer au fanatisme et à l'esprit borné par un dialogue compatissant.

 


Le troisième entraînement parle du problème de la liberté de pensée, donc de l'esprit. Beaucoup de parents transgressent cet entraînement sans même s'en rendre compte. Respecter le point de vue des autres est un point marquant du Bouddhisme. Le Kalama Sutra est l'une des premières chartes du libre examen. Dans ce sutra, le Bouddha aborde les questions de: Qui croire? Que croire? Quelle doctrine est la meilleure? et dit : "II est bon de douter. Ne croyez pas en une
doctrine parce que les autres en ont une haute opinion, parce qu'elle vient de la tradition, ou simplement parce qu'elle se trouve dans les Écritures. Vous devez vous demander si elle va à l'encontre de votre jugement, si elle peut nuire, si elle est condamnée par des gens de bon sens, mais si, surtout, une fois mise en pratique, elle apportera souffrance et destruction. Toute chose que vous trouverez belle, qui s'accorde avec votre jugement, est appréciée des gens sages et apporte joie et bonheur, peut être acceptée et mise en pratique."

Comme une ombre après son objet, le troisième entraînement suit le second, car l'attitude d'ouverture et de non-attachement aux opinions contribue au respect de la liberté d'autrui. La liberté est un des droits fondamentaux de l'être humain, de tous les êtres humains et pas seulement de quelques uns. Afin de respecter la liberté d'autrui, nous devons nous débarrasser de tout attachement et de tout fanatisme et aider les autres à faire de même. Comment aidons-nous les autres? "Par un dialogue compatissant". Un dialogue compatissant est l'essence d'une action non-violente (ahimsa).

C'est tout d'abord l'énergie de la tolérance et de l'amour bienveillant s'exprimant sous forme d'un langage doux, compatissant et intelligent, qui touche le coeur des gens. C'est ensuite l'engagement moral et social qui vise à les transformer. Compréhension et compassion doivent être à la base de toute action non-violente. Toute action motivée par la colère ou la haine ne peut être appellée non-violente, (ahimsa).

En tant que parents, nous devons respecter la liberté de pensée de nos enfants, même s'ils sont encore très jeunes. Cette pratique nous permettra d'apprendre beaucoup d'eux. Les êtres humains diffèrent les uns des autres par leurs traits de caractère, leurs capacités et leurs préférences. Nous devons essayer d'être ouverts afin de voir et comprendre nos enfants et nous abstenir de leur imposer nos opinions. Bien que les fleurs appartiennent à l'arbre, elles diffèrent des racines, des feuilles et des branches. Nous devons permettre aux fleurs d'être fleurs, aux feuilles d'être feuilles, aux branches d'être branches. Alors chacun pourra atteindre son plus haut potentiel de développe­ment.


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COMMENTAIRES SUR LES QUATORZE ENTRAINEMENTS A LA PLEINE CONSCIENCE. (2)


Deuxième entraînement : Non-attachement aux opinions


Conscients de la souffrance provoquée par l'attachement aux opinions et aux perceptions erronées, nous sommes déterminés à ne pas être bornés ni à nous attacher à nos idées actuelles. Nous apprendrons et pratiquerons le non-attachement aux opinions afin d'avoir l'esprit ouvert aux expériences et aux visions profondes d'autrui. Nous sommes conscients du fait que notre connaissance actuelle n'est pas la vérité absolue et n'est pas immuable. La vérité est à trouver dans la vie et nous observerons la vie en nous et autour de nous à chaque instant, tout en étant prêts à apprendre tout au long de notre vie.

Le deuxième entraînement est né du premier et traite aussi de l'esprit. Cet entraînement nous prévient de ne pas se laisser prendre au piège de son propre savoir. Le savoir peut être nécessaire pour penser et juger; il peut être utile dans plusieurs domaines de notre vie quotidienne, mais il n'est pas la vérité absolue. Quand nous admirons un coucher de soleil, nous pensons que le soleil est au-dessus de l'horizon mais un savant nous dirait que le soleil s'est, en fait, couché il y a déjà huit minutes. C'est le temps que cela nous prend pour le voir. Nous réalisons alors que le soleil que nous avons vu est le soleil du passé et non celui du présent et que notre perception était fausse. C'est pourquoi, si nous nous accrochons à notre savoir préliminaire, nous perdons l'occasion de progresser dans la voie de la compréhension.

Le Bouddhisme nous enseigne la manière de regarder les choses dans leur nature interdépendante et co-apparaissante. En regardant ainsi, nous nous libérons d'un monde conceptuel dans lequel chaque chose semble avoir une identité propre. L'esprit qui voit les choses dans leur nature interdépendante et co-apparaissante s'appelle l'esprit de la compréhension non-discriminatoire. Il transcende toutes les vues. Le Bouddhisme Zen (Dhyana) décrit cet état de compréhension profonde : "le chemin de la parole a été bloqué, celui de l'intellect a été coupé."

"La vérité se trouve dans la vie et non dans le savoir conceptuel." Comment pratique-t-on cela ? En observant la réalité en nous et dans le monde à tout instant. Telle est la réponse bouddhiste. Observer la vie continuellement, c'est pratiquer le Sutra des Quatre Fondements de l'Attention, Sutta Satipatthana. Le Sutra nous conseille d'être conscient de ce qui ce passe dans notre corps, nos sensations-sentiments, notre esprit et les objets de notre esprit, à savoir le monde. La pratique de la pleine conscience peut nous aider à développer notre concentration et notre vision profonde, afin que nous puissions voir la réalité telle qu'elle est.


 


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