La prochaine journée de pleine conscience aura lieu Dimanche 3 Octobre 2010

chez les Petites Soeurs de Saint François à Montpellier.
Venez nombreux!

 
 

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L’amour véritable

  

 
 

  Le véritable amour est fait de respect. Dans la tradition vietnamienne, mari et femme se respectent toujours comme des invités honorés. Si vous pratiquez ainsi, votre amour durera longtemps.

  

En vietnamien, il y a deux mots pour dire amour : Tinh et Nghia. Tinh contient beaucoup de passion. Dans Nghia, il y a plus de calme, de compré­hension et de confiance. Vous n’êtes pas aussi passionné mais votre amour est plus profond et plus solide. Vous êtes prêt à davantage de sacrifices pour rendre l’autre heu­reux. Nghia est le fruit des difficultés et des joies partagées sur une longue période. Vous commencez par la passion, puis, en vivant avec l’autre, vous apprenez à faire face aux difficultés et votre amour s’approfondit. La passion diminue, mais Nghia ne cesse d’augmenter. Vous comprenez mieux votre parte­naire et vous ressentez une immense gratitude : « Merci d’être mon mari (ma femme), de m’avoir choisi(e) comme compagne (compagnon) pour partager toutes tes meilleu­res qualités ainsi que ta souffrance. Alors que j’avais des difficultés et que je suis restée éveillé(e) tard dans la nuit, tu as pris soin de moi. Tu m’as montré que mon bien-être est aussi ton bien-être. Tu as fait l’impossible pour m’aider à aller mieux. Je te suis très reconnaissant(e).

 

Lorsqu’un couple reste ensemble longtemps, c’est à cause de Nghia. Nghia est le genre d’amour dont nous avons vraiment besoin pour notre famille et pour notre société. Avec Nghia, vous êtes sûr que l’autre va vous aimer et prendre soin de vous, « jusqu’à ce que vos cheveux devien­nent blancs et que vos dents tombent ». Nghia se construit à deux dans la vie quotidienne.

 

Regardez profondément pour voir quels sont les élé­ments présents dans votre amour. Vous ne pouvez pas dire que l’amour est cent pour cent Tinh ou cent pour cent Nghia. Il contient les deux.

Regardez votre bien-aimé dans les yeux et demandez-lui profondément : « Qui es-tu mon amour, toi qui est venu(e) prendre ma souffrance comme ta souffrance, mon bonheur comme ton bonheur, ma vie et ma mort comme ta vie et ta mort? Qui es-tu, toi dont le soi est devenu mon soi ? Pourquoi n’es-tu pas une goutte de rosée, un papillon, un oiseau, un pin ? » Posez-vous la question avec tout votre corps et votre esprit.

Plus tard, vous poserez les mêmes questions à la personne qui vous a fait le plus souffrir : « Qui es-tu, toi qui me fais tant souffrir, qui me fais ressentir tant de colère et de haine ? »

 

Pour comprendre, il faut devenir un avec votre bien-aimé, et un avec votre soi-disant ennemi. Vous devez vous inquiéter de ce qui l’inquiète, souffrir de ce qui le fait souffrir et apprécier ce qu’il apprécie. Vous et l’objet de votre amour ne peuvent être deux. Il est autant vous que vous êtes vous-même.

 

 Continuez de la sorte jusqu’à vous voir dans la per­sonne la plus cruelle au monde, dans l’enfant affamé, le prisonnier politique.

Pratiquez jusqu’à vous reconnaître dans chaque personne au supermarché, au coin de la rue, dans un camp de concentration, sur une feuille, dans une goutte de rosée.

Méditez jusqu’à vous voir dans un grain de poussière dans une galaxie lointaine.

Regardez et écoutez de tout votre être.

 

Si vous êtes pleinement présent, la pluie du Dharma arrosera les graines les plus profondé­ment enfouies dans votre conscience du tréfonds et demain, quand vous ferez la vaisselle ou que vous regarde­rez le ciel bleu, cette graine poussera et l’amour et la compréhension apparaîtront comme une belle fleur.

 

 

Méditation sur l’amour     

(adaptée du Visuddhimagga)

 

 

Que je sois en paix, heureux et léger de corps et d’esprit.

Qu’il/elle soit en paix, heureux/heureuse et léger/légère de corps et d’esprit.

Qu‘ils soient en paix, heureux et légers de corps et d’esprit.

 

Que je sois en sécurité et à l’abri de tous les préjudices.

Qu ‘il/elle soit en sécurité et à l’abri de tous les préjudices.

Qu ‘ils soient en sécurité et à l’abri de tous les préjudices.

 

Que je sois libéré de la colère, des afflictions, de la peur et de l’anxiété.

Qu ‘il/elle soit libéré(e) de la colère, des afflictions, de la peur et de l’anxiété.

Qu ‘ils soient libérés de la colère, des afflictions, de la peur et de l’anxiété.

 

On commence par pratiquer cette méditation de l’amour sur soi-même (je). Tant que nous ne serons pas capables de nous aimer et de prendre soin de nous-mêmes, nous ne serons pas d’un grand secours pour nos semblables.

Ensuite nous pourrons pratiquer pour les autres (il/elle,ils) :

  • d’abord pour quelqu’un que nous apprécions,
  • puis quelqu’un de neutre,
  • puis quelqu’un que nous aimons et,
  • enfin quelqu’un dont la simple pensée suffit à nous faire souffrir.

 

Bonne pratique!!!

 

 
 

extraits de " Enseignements sur l'amour"  Thich Nhat Hanh (Albin Michel 1999) 

 

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