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BOUDEBOUDA Association bouddhique zen (tradition du Maitre Thich Nhat Hanh du Village des Pruniers) |
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La prochaine journée de pleine conscience aura lieu Dimanche 7 novembre 2010
chez les Petites Soeurs de Saint François à
Montpellier. |
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L’amour véritable (2)
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Si vous aimez réellement quelqu'un, vous devez être pleinement présent pour cette personne. Je connais un jeune garçon de dix ans à qui son père avait demandé ce qu'il voulait pour son anniversaire. Il lui a répondu : « Papa, c'est toi que je veux ! » Son père était trop occupé. Il n'avait jamais de temps pour sa famille. Son fils savait que le plus beau cadeau que son père pouvait lui offrir était sa vraie présence. Lorsque vous êtes concentré — esprit et corps réunis — tout ce que vous dites peut être un mantra. Un mantra n'est pas nécessairement en sanskrit. En fait, il peut être dit dans n'importe quelle langue : « Chéri, je suis là pour toi. » Si vous êtes pleinement présent, ce mantra produira un miracle. Vous devenez réel, la personne à qui vous dites ce mantra devient réelle et la vie devient réelle à ce moment même. Vous apportez du bonheur à vous et à l'autre. Aimer, c'est être là pour lui, pour elle, pour eux. « Je sais que tu es là et j'en suis très heureux » est un deuxième mantra. Quand je regarde profondément la lune, j'inspire et j'expire profondément et je dis : « Pleine lune, je sais que tu es là et j'en suis très heureux. » Je fais de même en voyant l'étoile du matin. En marchant parmi les magnolias en fleur en Corée, je regardais les fleurs si belles et leur disais : « Je sais que vous êtes là et j'en suis très heureux. » Être vraiment présent et savoir que l'autre est là aussi est un miracle. Chaque fois que vous êtes vraiment là, vous êtes capable de reconnaître et d'apprécier la présence de l'autre - - la pleine lune, l'étoile du matin, les magnolias en fleur, votre bien-aimé. Commencez par pratiquer la respiration consciente pour vous établir en vous-même. Puis asseyez-vous près de la personne que vous aimez et dans cet état de profonde concentration, prononcez le deuxième mantra. Vous serez heureux et votre bien-aimé sera heureux en même temps. Ces mantra peuvent être pratiqués dans la vie quotidienne. Pour vraiment aimer, vous devez pratiquer la respiration consciente afin de produire votre vraie présence. Voici un troisième mantra : « Chéri, je sais que tu souffres et je suis là pour toi. » Si vous y êtes attentif, vous verrez quand votre bien-aimé souffre. Asseyez-vous près de lui et dites-lui : « Chéri, je sais que tu souffres. C'est pourquoi je suis là pour toi. » Cela devrait déjà lui apporter un soulagement. Il y a un quatrième mantra à pratiquer quand c'est vous qui souffrez : « Chéri, je souffre. S'il te plaît, aide-moi. ». Ce ne sont que six mots, mais ils sont parfois difficiles à prononcer en raison de la fierté dans nos cœurs, surtout si nous pensons que c'est la personne que nous aimons qui nous a fait souffrir. Si c'était quelqu'un d'autre, ce ne serait pas aussi difficile. Mais parce que c'était elle, nous nous sentons blessés. Nous voulons nous réfugier dans notre chambre pour pleurer. Mais si nous l'aimons vraiment, quand nous souffrons ainsi nous devons demander de l'aide, et il faut pour cela dépasser notre fierté.
Il y a une histoire très connue dans mon pays au sujet d'un jeune couple qui a profondément souffert. Le mari était parti à la guerre en laissant à la maison sa jeune femme enceinte. Trois ans plus tard, il est rentré de la guerre et sa femme est allée l'attendre aux portes du village, accompagnée de leur petit garçon. Quand ils se sont retrouvés, ils n'ont pu retenir des larmes de joie. Reconnaissant envers leurs ancêtres de les avoir protégés, le jeune homme demanda à sa femme d'aller au marché acheter des fruits, des fleurs et d'autres offrandes pour l'autel des ancêtres. Pendant ce temps, le jeune père demanda à son fils de l'appeler papa mais le petit garçon refusa : « Monsieur, vous n'êtes pas mon papa ! Mon papa vient nous voir chaque nuit et ma mère lui parle et elle pleure. Quand maman s'assied, papa s'assied aussi. Quand maman va se coucher, mon papa se couche. » En entendant cela, le cœur du jeune père devint comme de la pierre. Quand sa femme rentra à la maison, il ne pouvait même plus la regarder. Le jeune homme offrit des fruits, des fleurs et de l'encens aux ancêtres, il fit des prosternations et roula aussitôt la natte sur laquelle il venait de se prosterner, empêchant ainsi sa femme de se joindre à lui, parce qu'il la jugeait indigne de se présenter devant les ancêtres. Après la cérémonie, il sortit de la maison et passa la journée à boire et à déambuler dans le village. Sa femme ne comprenait pas son changement d'attitude. Au bout de trois jours, n'en pouvant plus, elle finit par se jeter dans la rivière et s'y noya. Le soir des funérailles, alors que le jeune père alluma la lampe à huile, le petit garçon s'écria : « C'est mon papa ! » II désignait l'ombre de son père projetée sur le mur et dit : « Mon papa venait chaque nuit nous rendre visite et ma mère lui parlait et pleurait beaucoup. Quand ma mère s'asseyait, il s'asseyait. Quand ma mère s'allongeait, il s'allongeait. » « Chéri, tu es parti depuis si longtemps. Comment puis-je élever notre fils toute seule ? » implorait-elle son ombre. Une nuit, l'enfant lui avait demandé qui était son père et où il se trouvait. Elle avait montré l'ombre sur le mur et dit : « C'est ton père. » II lui manquait beaucoup. Soudain, le jeune père comprit tout, mais il était trop tard. S'il était allé voir sa femme pour lui demander : « Chérie, je souffre beaucoup. Notre petit garçon m'a dit qu'un homme venait vous voir la nuit, que tu lui parlais et que tu pleurais avec lui, et que chaque fois que tu t'asseyais, il s'asseyait. Qui est cette personne ? », elle aurait eu la possibilité de s'expliquer et le drame aurait pu être évité. Mais il ne lui avait pas demandé, par fierté. Sa femme a agi de même. Elle était très blessée par le comportement de son mari, mais elle ne lui a pas demandé de l'aide. Elle aurait dû pratiquer le quatrième mantra : « Chéri, je souffre tant. S'il te plaît, aide-moi. Je ne comprends pas pourquoi tu ne me regardes pas et tu ne me parles pas. Pourquoi ne me laisses-tu pas me prosterner devant les ancêtres ? Ai-je fait quelque chose de mal ? » Si elle le lui avait dit, son mari aurait pu lui dire ce que leur fils lui avait confié. Mais elle ne l'avait pas fait, parce qu'elle aussi était prisonnière de sa fierté. Dans le véritable amour, il n'y a pas de place pour la fierté. Quand vous êtes blessé par la personne que vous aimez, quand vous souffrez et pensez que votre souffrance a été causée par la personne que vous aimez le plus, souvenez-vous de cette histoire. Ne faites pas comme le père ou la mère de ce petit garçon. Ne laissez pas la fierté entraver votre chemin. Pratiquez le quatrième mantra : « Chéri, je souffre. S'il te plaît, aide-moi. » Si vous estimez que l'autre est la personne que vous chérissez le plus au monde, vous devez pratiquer de la sorte. Quand elle vous entendra prononcer ces paroles, elle retournera en elle-même et pratiquera le regard profond. Alors vous pourrez éclairer les choses, vous réconcilier et dissoudre vos perceptions erronées. La méditation bouddhiste vise avant tout à restaurer la communication avec nous-mêmes. Nous sommes rarement là pour nous-mêmes. Nous nous fuyons, car nous avons peur de revenir en nous-mêmes et d'affronter la peur et la souffrance de l'enfant blessé en nous, ignoré depuis si longtemps. Mais il est merveilleux de retourner chez soi et de dire : « Petit garçon ou petite fille, je suis là pour toi. Ne t'en fais pas. Je prendrai soin de toi. » C'est le premier pas. Vous êtes l'enfant profondément blessé qui attend votre retour à la maison. Et vous êtes aussi celui ou celle qui avez fui votre maison, qui avez négligé votre enfant. Retournez en vous-même et prenez soin de vous. Votre corps a besoin de vous, vos sensations ont besoin de vous et vos perceptions ont besoin de vous. L'enfant blessé en vous a besoin de vous. Votre peine, vos blocs de souffrance ont besoin de vous. Vos désirs profonds ont besoin de vous pour être reconnus. Rentrez chez vous et soyez là pour toutes ces choses. Pratiquez la marche consciente et la respiration consciente. Faites tout en pleine conscience de façon à être vraiment là, de façon à pouvoir aimer.
...Pratiquez le regard profond tout au long de la journée, pendant la méditation assise, la méditation marchée, au travail et à la maison et vous découvrirez la véritable nature des 5 skanda --la forme, les sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience. Vous verrez les conditions qui vous ont fait être tel que vous étes, ce qui vous aidera à vous accepter vous même-- avec votre souffrance et votre bonheur en même temps. S'aimer veut dire avant tout s'accepter soi-même tel qu'on est. " Connais-toi toi même" est la première pratique de l'amour... alors, pratiquez, pratiquez, pratiquez...
Méditation sur l’amour (adaptée du Visuddhimagga)
Que je sois en paix, heureux et léger de corps et d’esprit. Qu’il/elle soit en paix, heureux/heureuse et léger/légère de corps et d’esprit. Qu‘ils soient en paix, heureux et légers de corps et d’esprit.
Que je sois en sécurité et à l’abri de tous les préjudices. Qu ‘il/elle soit en sécurité et à l’abri de tous les préjudices. Qu ‘ils soient en sécurité et à l’abri de tous les préjudices.
Que je sois libéré de la colère, des afflictions, de la peur et de l’anxiété. Qu ‘il/elle soit libéré(e) de la colère, des afflictions, de la peur et de l’anxiété. Qu ‘ils soient libérés de la colère, des afflictions, de la peur et de l’anxiété.
On commence par pratiquer cette méditation de l’amour sur soi-même (je). Tant que nous ne serons pas capables de nous aimer et de prendre soin de nous-mêmes, nous ne serons pas d’un grand secours pour nos semblables. Ensuite nous pourrons pratiquer pour les autres (il/elle,ils) :
Bonne pratique!!!
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extraits de " Enseignements sur l'amour" Thich Nhat Hanh (Albin Michel 1999) |