boudebouda
Partage sur les 14 entrainements
Accueil le matin à partir de 9h30, début de la cérémonie à 10h précise
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Commentaires sur les quatorze entraînements à la pleine
conscience (4)
Quatrième Entraînement : "Conscient de la souffrance"
Conscients du fait que le regard profond sur la nature de la souffrance peut nous aider à développer notre compassion et à développer le chemin menant à la cessation de la souffrance, nous sommes déterminés à ne pas éviter la souffrance ni à fermer les yeux dessus. Nous nous engageons à trouver tous les moyens, notamment par le contact personnel, les images, les sons, pour être avec ceux qui souffrent, ceci afin de vraiment pouvoir comprendre leur situation et de les aider à transformer leur souffrance en compassion, en paix et en joie.
Le premier discours du dharma que le Bouddha a donné traitait des Quatre Nobles Vérités. La Première
est dukkha, la présence de la souffrance. C'est le point de départ de toute
pratique bouddhiste. Si nous ne nous rendons pas compte que nous sommes malades, nous ne chercherons pas à nous faire soigner, et
nous ne pourrons pas guérir. La Deuxième Vérité traite de la cause de la souffrance, la Troisième du pouvoir de l'abolir, et
la Quatrième indique comment le faire. Ces vérités sont des vérités libératrices. Mais nous ne pourrons aller à la recherche
des trois dernières si nous n'acceptons pas la première. La souffrance peut avoir un pouvoir thérapeutique, elle peut nous
aider à ouvrir les yeux. La conscience de la souffrance nous encourage à rechercher la cause de ce qui se passe en nous et
dans la société. Mais nous devons être prudents. Trop de souffrance peut détruire notre capacité d'aimer. Nous devons connaître nos limites, rester en contact avec les horreurs de la vie aussi bien qu'avec les choses merveilleuses. Tandis que la Première Vérité parle de la présence de la souffrance dans
la vie, la Troisième Vérité nous encourage à y chercher la joie et la paix. D'aucuns considèrent le Bouddhisme comme trop
pessimiste parce qu'ils mettent surtout l'accent sur la Première Vérité et pas assez sur la Troisième. Le Bouddhisme Mahayana
prend grand soin d'insister sur la Troisième Vérité. Il parle du saule vert, du bambou violet et de la pleine lune comme
étant des manifestations du vrai Dharma.
Nous sommes intimement connectés les uns aux autres. Quand nous sommes paisibles et heureux, nous ne causons pas de souffrance
à autrui. De même, quand nous essayons d'alléger la souffrance des autres, nous nous sentons paisibles et heureux. Pratiquer
ne signifie pas seulement pratiquer pour soi, c'est pratiquer également pour les autres et pour la société tout entière. C'est
le sens du Grand Véhicule ou Mahayana: s'aider et aider les autres pour se libérer et libérer les
autres.
Les maîtres spirituels qui conseillent de ne pas prêter attention aux problèmes du monde (tels que la faim, l'oppression, la
guerre et l'injustice sociale,) mais de se concentrer seulement sur sa pratique, n'ont pas vraiment compris le sens du
Mahayana. Bien sûr nous devons pratiquer en comptant notre respiration, en méditant et en étudiant les Sutras, mais pourquoi faisons-nous tout cela? Pour être conscients de ce qui se
passe en nous et dans le monde. Ce qui se passe dans le monde se passe également en nous et vice-versa. Une fois que nous
voyons cela clairement, nous ne pouvons pas ne pas prendre position et agir. Quand un village est bombardé et que des enfants
et des adultes souffrent de blessures et meurent, est-ce qu'un Bouddhiste peut rester assis sans bouger dans son temple
intact? En vérité, s'il est sage et plein de compassion, il trouvera des moyens de pratiquer le Bouddhisme en aidant les
autres. Pratiquer le Boudhisme, c'est, dit-on, voir dans sa propre nature et devenir un Bouddha. Si nous ne sommes pas capables de voir
ce qui se passe autour de nous, comment pouvons-nous voir notre propre nature? Il y a une relation entre la nature du
soi d'un Bouddhiste et la nature de la souffrance, de l'injustice et de la guerre. Voir la vraie nature des armes mondiales,
c'est voir notre véritable nature.
Rester en contact avec la
réalité de la souffrance, c'est rester sain d'esprit et cela nourrrit notre source de
compréhension (prajna) et de compassion (karuna). Nous renforçons ainsi
notre volonté de pratiquer le Chemin du Bodhisattva. "Les êtres vivants sont innombrables; je m'engage à les aider à traverser sur
l'autre rive". Si nous nous coupons de la
réalité de la souffrance, cet engagement n'aura pas de sens. Aider les enfants à voir et à comprendre les souffrances des êtres humains et des autres
créatures nourrit leur compassion et leur compréhension. Nous devons pratiquer cet
entraînement quotidiennement. Chaque action que ce soit manger un sandwich ou dépenser de l'argent, est
une occasion de pratiquer la Pleine Conscience. Nous devons pratiquer à chaque moment de la vie quotidienne et pas seulement dans la salle de
méditation.