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BOUDEBOUDA Association bouddhique zen (tradition du Maitre Thich Nhat Hanh du Village des Pruniers) |
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( Satipatthana Sutta ) |
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Ainsi ai-je entendu le Bouddha enseigner un jour qu'il demeurait encore à Kammassadhamma, un bourg du peuple Kuru. Ce jour-là, l'Honoré par le Monde s'adressa aux bhikkhus : "Moines !" Et les bhikkhus répondirent : "Oui, Honoré par le Monde, nous sommes là." Le Bouddha dit: "Bhikkhus, ceci est la voie unique qui peut nous aider à réaliser la purification, à surmonter les afflictions, à mettre fin à la souffrance, à accomplir le bon chemin et à réaliser le Nirvana : la voie des quatre Etablissements de la Pleine Conscience.
"Quels sont ces quatre Etablissements de la Pleine Conscience?
"Moines, le bhikkhu s'établit dans l'observation du corps dans le corps, des sensations dans les sensations, de la formation mentale dans la formation mentale et de l'objet de la formation mentale dans l'objet de la formation mentale, diligent, avec une compréhension claire, en Pleine Conscience, ayant abandonné tout désir et dégoût pour cette vie. (C)
"Moines, comment un bhikkhu s'établit-il dans l'observation du corps dans le corps ?
"Il va dans la forêt, ou au pied d'un arbre, ou dans une maison déserte, s'assied jambes croisées dans la posture du lotus, le corps droit, et établit la Pleine Conscience devant lui. En inspirant, il est pleinement conscient qu'il inspire. En expirant, il est pleinement conscient qu'il expire. Quand il inspire longuement, il sait : "J'inspire longuement." Quand il expire longuement, il sait: "J'expire longuement." Quand il inspire brièvement, il sait : "J'inspire brièvement." Quand il expire brièvement, il sait : "J'expire brièvement." Tout comme un habile tourneur qui, en tournant longuement, est conscient qu'il tourne longuement et qui, en tournant brièvement, est conscient qu'il tourne brièvement, le bhikkhu, en inspirant longuement, sait qu'il inspire longuement, en expirant longuement, sait qu'il expire longuement, en inspirant brièvement, sait qu'il inspire brièvement, et en expirant brièvement, sait qu'il expire brièvement. "Il s'entraîne lui-même ainsi : "En inspirant, je suis pleinement conscient de tout mon corps. En expirant, je suis pleinement conscient de tout mon corps. "En inspirant, je calme les activités de mon corps. En expirant, je calme les activités de mon corps." "Aussi, quand le bhikkhu marche, il est conscient qu'il marche. Quand il est debout, il est conscient qu'il est debout. Quand il est assis, il est conscient qu'il est assis. Quand il est allongé, il est conscient qu'il est allongé. Quel que soit la position de son corps, il en est conscient. (C) "Quand le bhikkhu va ou vient, il éclaire de sa Pleine Conscience son mouvement d'allée ou venue. Quand il regarde devant ou derrière, se courbe ou se lève, il applique également la Pleine Conscience à ce qu'il fait. Aussi, il applique la Pleine Conscience en revêtant la robe sanghati ou en portant le bol à aumônes. Quand il mange ou boit, mâche la nourriture ou la goûte, il applique la Pleine Conscience à tout cela. Quand il excrète ou urine, il applique la Pleine Conscience à cela. Quand il marche, se tient debout, allongé ou assis, dort ou se réveille, parle ou reste silencieux, il éclaire également de sa Pleine Conscience son corps entier. "Encore, le bhikkhu médite sur son propre corps de la plante des pieds jusqu'en haut, puis des cheveux du sommet de la tête jusqu'en bas, un corps enveloppé d'une couche de peau et rempli de plusieurs sortes d'impuretés : appartenant à mon corps, voici les cheveux, les poils, les ongles, les dents, la peau, la chair, les tendons, les os, la moelle, les reins, le cœur, le foie, le diaphragme, la rate, les poumons, les intestins, le mésentère, les excréments, la bile, le phlegme, le pus, le sang, la sueur, la graisse, le sébum, la salive, le mucus, la synovie, l'urine. "Bhikkhus, imaginez un sac ouvert en haut et en bas, rempli de diverses sortes de grains — riz complet, riz sauvage, blé, haricots mung, haricots de Lima, sésame, riz blanc. Quand quelqu'un doté d'une bonne vue ouvre le sac, il verra clairement toutes les diversités de grains contenus dans le sac : "Voici du riz complet, voici du riz sauvage, voici du blé, voici des haricots mung, voici des haricots de Lima, voici des graines de sésame, voici du riz blanc." De même, le bhikkhu voit clairement tout son corps, de la plante des pieds aux cheveux du sommet de la tête, et des cheveux de la tête à la plante des pieds, un corps enveloppé d'une couche de peau et rempli de plusieurs sortes d'impuretés : "Appartenant à mon corps, voici les cheveux, les poils, les ongles, les dents, la peau, la chair, les tendons, le os, la moelle, les reins, le cœur, le foie, le diaphragme, la rate, les poumons, les intestins, le mésentère, les excréments, la bile, le phlegme, le pus, le sang, la sueur, la graisse, le sébum, la salive, le mucus, la synovie, l'urine." (C) "Bhikkhus, de plus, quelle que soit la position de son corps, le bhikkku médite sur les éléments formant ce corps même : "Dans ce corps, il y a l'élément terre, l'élément eau, l'élément feu et l'élément air." "De même qu'un boucher expérimenté ou un apprenti boucher, après avoir abattu une vache, s'assiérait à un carrefour pour la dépecer en de nombreuses parties, le bhikkhu, quelle que soit la position de son corps, médite sur les éléments formant son propre corps : "Dans ce corps, il y a l'élément terre, l'élément eau, l'élément feu et l'élément air." "Comme s'il voyait un cadavre jeté dans un charnier, gisant là depuis un, deux ou trois jours, enflé, bleuâtre, puant et décomposé, le bhikkhu médite cette réalité sur son propre corps: "Ce corps même qui m'appartient est de la même nature. Il finira de la même manière. Rien ne peut lui épargner cet état." "Puis, comme s'il voyait un cadavre jeté dans un charnier, déchiqueté par les corbeaux, dévoré par les faucons, les vautours et les chacals, infesté d'asticots et de vers, le bhikkhu médite cette réalité sur son propre corps : "Ce corps même qui m'appartient est de la même nature. Il finira de la même manière. Rien ne peut lui épargner cet état." "Puis, comme s'il voyait un cadavre jeté dans un charnier, réduit à l'état de squelette auquel adhèrent un peu de chair et de sang, dont les os sont encore liés ensemble par les ligaments... "Puis comme s'il voyait un cadavre jeté dans un charnier, réduit à l'état de squelette, auquel plus aucune chair n'adhère, mais encore taché d'un peu de sang, aux os encore liés ensemble par les ligaments... "Puis comme s'il voyait un cadavre jeté dans un charnier, réduit à l'état de squelette auquel plus aucune chair n'adhère et qui n'est même plus taché de sang, mais aux os encore liés ensemble par les ligaments... "Puis comme s'il voyait un cadavre jeté dans un charnier, réduit à des os éparpillés ça et là — ici les os d'une main, là un tibia, là un fémur, là encore un pelvis, un colonne vertébrale, un crâne... "Puis comme s'il voyait un cadavre jeté dans un charnier, réduit à des os blanchis, couleur de coquillage... "Puis comme s'il voyait un cadavre jeté dans un charnier, réduit à un amas d'os secs, gisant là depuis plus d'un an... "Puis comme s'il voyait un cadavre jeté dans un charnier, réduit à la poussière des os cariés... "Le bhikkhu médite cette réalité sur son propre corps : "Ce corps même qui m'appartient est de la même nature. Il finira de la même manière. Rien ne peut lui épargner cet état." (C) "Moines, comment un bhikkhu s'établit-il dans l'observation des sensations dans les sensations ?
"Chaque fois que le bhikkhu éprouve une sensation agréable, il est conscient: "J'éprouve une sensation agréable." "Il pratique aussi de la même manière chaque fois qu'il éprouve une sensation désagréable, une sensation neutre et toute sensation fondée sur l'esprit ou sur le corps. "C'est ainsi que le bhikkhu vit en permanence dans l'observation des sensations dans les sensations — l'observation des sensations intérieurement ou extérieurement, ou à la fois intérieurement et extérieurement. Il vit en permanence dans l'observation du processus de naissance dans les sensations ou du processus de dissolution dans les sensations, ou à la fois du processus de naissance et de dissolution. Ou bien il lui suffit d'observer simplement : "II y a ici une sensation," pour la méditer et être conscient de sa présence. Et de cette manière, il s'établit dans la liberté, n'étant pris dans aucun attachement au monde. Moines, voilà comment un bhikkhu pratique l'observation des sensations dans les sensations. (C) "Moines, comment un bhikkhu s'établit-il dans l'observation de la formation mentale dans la formation mentale ?
"Chaque fois que dans son esprit apparaît la formation mentale du désir, le bhikkhu est conscient que dans son esprit apparaît la formation mentale du désir. Chaque fois que dans son esprit, la formation mentale du désir n'apparaît pas, il est conscient que dans son esprit, la formation mentale du désir n'apparaît pas. "De la même façon, il observe en lui la colère, l'ignorance, la distraction, l'ouverture ou l'étroitesse d'esprit, l'esprit le plus élevé, la concentration et la libération. "C'est ainsi que le bhikkhu s'établit dans l'observation de la formation mentale dans la formation mentale — l'observation de la formation mentale intérieurement ou extérieurement, ou à la fois ultérieurement et extérieurement. Il s'établit dans l'observation du processus de naissance de la formation mentale ou du processus de dissolution de la formation mentale, ou à la fois du processus de naissance et de dissolution. Ou bien il lui suffit d'observer simplement : "II y a ici la formation mentale," pour la méditer et être conscient de sa présence. Et de cette manière, il vit librement, n'étant pris dans aucun attachement au monde. Moines, voilà comment un bhikkhu pratique l'observation de la formation mentale dans la formation mentale.
"Moines, comment un bhikkhu s'établit-il dans l'observation de l'objet de l'esprit dans l'objet de l'esprit ?
"Tout d'abord, il observe les cinq obstacles comme objets de l'esprit dans les objets de l'esprit. Mais comment observe-t-il cela ? "Quand le désir sensoriel est présent en lui, il est conscient que le désir sensoriel est présent en lui. Quand le désir sensoriel n'est pas présent en lui, il est conscient que le désir sensoriel n'est pas en lui. Quand un désir sensoriel, non encore né, commence à naître, il est conscient de cette naissance. Quand un désir sensoriel déjà apparu commence à disparaître, il est conscient de cette disparition. Quand un désir déjà disparu ne réapparaît plus, il en est conscient. "Il pratique aussi de la même manière avec la colère, l'ignorance, le sommeil, l'agitation, le remords et le doute. "Ensuite, il observe les cinq agrégats qui sont encore sous l'influence de l'attachement, comme objets de l'esprit dans les objets de l'esprit. Comment pratique-t-il ainsi ? "Voici ce qu'il observe : "Ceci est une forme matérielle. Ceci est la naissance d'une forme matérielle et ceci est la dissolution d'une forme matérielle. "Ceci est une sensation. Ceci est la naissance d'une sensation et ceci est la dissolution d'une sensation. "Ceci est une perception. Ceci est la naissance d'une perception et ceci est la dissolution d'une perception. "Ceci est une formation mentale. Ceci est la naissance d'une formation mentale et ceci est la dissolution d'une formation mentale. "Ceci est la conscience. Ceci est la naissance de la conscience et ceci est la dissolution de la conscience." (C) "Ensuite, le bhikkhu observe les six organes des sens et les objets des six organes des sens comme objets de l'esprit dans les objets de l'esprit. Comment observe-t-il cela ? "Le bhikkhu est conscient de ses yeux, des images et couleurs, objets de ses yeux, et des formations internes nées de ses yeux, des images et des couleurs. Il est conscient que les formations internes, n'étant pas encore nées, commencent à naître, que celles déjà nées commencent à disparaître et que celles déjà disparues ne réapparaissent plus. "Il pratique aussi de la même manière pour ses oreilles et les sons, pour son nez et les odeurs, pour sa langue et les saveurs, pour son corps et le toucher et pour son mental et les objets de son mental. "Ensuite, le bhikkhu observe les sept Facteurs d'Eveil comme objets de l'esprit dans les objets de l'esprit. Comment observe-t-il cela ? "Quand le facteur de la Pleine Conscience est présent en lui, il est conscient que la Pleine Conscience est présente en lui. Il médite ainsi : "J'ai la Pleine Conscience en moi.'' Quand la Pleine Conscience n'est pas présente en lui, il est conscient que la Pleine Conscience n'est pas présente en lui. Il est conscient quand la Pleine Conscience non encore née commence à naître et quand la Pleine Conscience déjà née est parfaitement accomplie. "Il pratique aussi de la même manière pour les Facteurs d'Observation Profonde, de Persévérance, de Joie, d'Aisance, de Concentration et de Lâcher Prise. Puis il observe les Quatre Nobles Vérités comme objets de l'esprit dans les objets de l'esprit. Commen! observe-t-il ? "Quand la souffrance est un fait, le bhikkhu médite : "Ceci est souffrance." "Quand la cause de la souffrance est un fait, le bhikkhu médite: "Ceci est la cause de la souffrance." "Quand la souffrance peut se terminer, le bhikkhu médite : "La souffrance peut se terminer." « Quand le chemin menant à la fin de la souffrance est établi, le bhikkhu médite : « Il existe un chemin menant à la fin de la souffrance."' "C'est ainsi que le bhikkhu s'établit dans l'observation du corps, des sensations, des formations mentales et des objets des formations mentales — l'observation de ces établissements intérieurement ou extérieurement, ou à la fois intérieurement et extérieurement. Il s'établit dans l'observation du processus de naissance ou du processus de dissolution, ou à la fois du processus de naissance et de dissolution dans ces établissements. Ou bien il lui suffit d'observer : "II y a ici cet établissement," pour le méditer et être conscient de la présence de cet établissement dans cet établissement. Et de cette manière, il vit librement, n'étant pris dans aucun attachement au monde. Moines, voilà comment un bhikkhu pratique l'observation des quatre établissements dans les quatre établissements. (C) "Moines, le bhikkhu qui pratique les quatre établissements de la pleine conscience comme ci-dessus pendant sept ans pourra avoir la capacité d'atteindre le fruit de la compréhension suprême ici et dans cette vie même ou, s'il reste encore un résidu d'affliction, il pourra atteindre l'état de non-retour. "'Bhikkhus ! Sans parler de sept ans, quiconque pratique ces quatre établissements de la pleine conscience pendant sept, six, cinq, quatre, trois, deux, ou un mois ou même pendant deux semaines pourra également atteindre le fruit de la compréhension suprême ici et dans cette vie ou, s'il reste encore un résidu d'affliction, il pourra aussi atteindre l'état de non-retour. "C'est exactement pourquoi j'ai dit : "Cette voie, la voie des Quatre Établissements de la Pleine Conscience, est la voie unique qui aide tous les êtres à réaliser la purification, à transcender les afflictions, à mettre fin à la souffrance, à atteindre le juste chemin et réaliser le nirvana. "Ainsi le Bouddha enseigna. Les bhikkhus reçurent avec joie cet enseignement et le mirent en pratique." (CC)
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Ainsi ai-je